Hoï An
Hoi An Vietnam : Entre Charme Colonial et Surpopulation Touristique
Hoi An Vietnam, située sur la côte centrale du pays, est une ville portuaire inscrite au patrimoine mondial de l’UNESCO depuis 1999. Cette ancienne cité marchande attire des millions de visiteurs chaque année.
Et ça se voit. Beaucoup.
L’Architecture Préservée
La vieille ville est effectivement remarquable. Un véritable musée à ciel ouvert.
Les rues étroites bordées de maisons en bois jaune. Les temples chinois. Les pagodes. Le célèbre pont japonais couvert.
Cette architecture reflète l’influence des marchands chinois, japonais et européens qui fréquentaient Hoi An entre les 15e et 19e siècles. À l’époque, c’était un important centre commercial.
Le style colonial français ajoute encore à ce mélange architectural unique.
Les Lanternes, Icône de Hoi An
Les lanternes colorées qui illuminent les rues chaque soir créent une atmosphère féerique.
C’est l’image carte postale de Hoi An. Celle que tout le monde veut photographier.
Le problème ? Des milliers d’autres personnes ont exactement la même idée au même moment.
La Réalité de la Foule
Soyons clairs : Hoi An est bondée. Vraiment bondée.
Le soir, pendant que les lanternes s’illuminent, se déplacer devient un défi. Prendre une photo sans têtes devant l’objectif relève de l’impossible.
C’est pire qu’Angkor. Au moins au Cambodge, on peut circuler entre les temples.
Ici, c’est infernal.
La Solution : Le Petit Matin
Si vous voulez profiter de Hoi An tranquillement, levez-vous tôt.
Très tôt. 6h du matin, idéalement.
À cette heure, il n’y a personne. Les boutiques sont fermées. Les lanternes éteintes.
Mais vous pouvez enfin admirer l’architecture. Photographier le pont japonais. Vous promener librement.
C’est un Hoi An complètement différent. Paisible. Authentique.
Au-Delà de la Vieille Ville
Louez un vélo. Sortez de la ville.
Les rizières environnantes offrent un contraste bienvenu avec l’agitation touristique.
Des chemins bétonnés permettent de s’y promener facilement. Les paysages sont beaux. Photogéniques.
Attention aux Arnaques
Dans les rizières, méfiez-vous des « opportunités photo ».
Des hommes proposent de photographier les travailleuses dans les champs. Pour quelques dongs, disent-ils.
Ces quelques dongs peuvent rapidement devenir 400 000 dongs. Et les sourires des travailleuses sont forcés. Peu naturels.
Franchement, ça ne vaut pas le coup.
L’Artisanat et la Cuisine
Le marché central et les ateliers d’artisans méritent une visite.
Fabrication de lanternes. Couture sur mesure. Céramique. L’artisanat local est réellement de qualité.
La cuisine de Hoi An est également excellente. Le cao lầu. Les bánh bao bánh vạc (roses blanches). Le mì Quảng.
Des spécialités qu’on ne trouve vraiment bien préparées qu’ici.
Les Influences Culturelles
Hoi An est un creuset culturel fascinant.
Architecture chinoise. Pont japonais. Style colonial français. Traditions vietnamiennes.
Tout cohabite dans un espace restreint. C’est ce qui fait l’unicité du lieu.
Mon Avis Personnel
Hoi An possède un charme indéniable. L’architecture est belle. L’histoire riche. La cuisine délicieuse.
Mais il faut accepter la foule. S’adapter. Visiter au petit matin. Explorer les environs à vélo.
Si vous arrivez en pleine journée et restez dans la vieille ville, vous risquez d’être déçu par la surpopulation.
Conseils Pratiques
Prévoyez deux jours minimum. Un pour la vieille ville au petit matin. Un autre pour explorer les rizières à vélo.
Évitez absolument le week-end si possible. La foule est encore pire.
Oubliez les photos de lanternes le soir. À moins d’accepter d’avoir cinquante personnes dans le cadre.
Verdict
Hoi An mérite-t-elle sa réputation ? Oui, pour son patrimoine architectural unique.
Est-elle surpeuplée ? Absolument.
Faut-il quand même y aller ? Probablement, si vous acceptez ces contraintes.
La vielle ville ultra-touristique
La ville des lanternes
Mon auberge, comme la quasi-totalité des auberges, se trouve à l’extérieur de la vieille ville. Il me faut bien 5 à 10 minutes de marche pour y accéder. Très vite, je capte le charme de Hoï An et de ses vieilles bâtisses de style colonial. Il n’est pas loin de midi, donc pas vraiment le moment idéal pour moi de faire des photos.
Mais connaissant la réputation de la ville, et surtout des lanternes qui bordent les rues, j’ai hâte d’être en fin d’après-midi pour pouvoir shooter. Cependant, le nombre de personnes qui arpentent les rues ne présage rien de bon pour la suite de la soirée.
Et je ne me suis pas trompé. C’est pire que les temples d’Angkor. Autant au Cambodge, je n’arrivais pas à prendre de photos sans qu’une tête ne passe devant, ici, je n’arrive même pas à me déplacer convenablement. C’est infernal.
Je range tout bonnement mon appareil photo et mon trépied, et je me contente de découvrir les rues et les allées. Je me dis tout simplement qu’au petit matin, je serai plus tranquille pour mes clichés.
Je me mets donc en quête d’un restaurant pour souper.
Mon intuition se confirme une nouvelle fois : il n’y a pas un chat dans les rues. Les boutiques sont certes fermées, et les lanternes absentes ou éteintes, mais je peux plus facilement admirer l’architecture des bâtiments et me déplacer à mon aise.
Sur le pont, je découvre tous les canots servant à la promenade des touristes, avec leurs lanternes accrochées à l’avant. C’est moins joli que lorsqu’elles sont allumées, mais je m’en contente pour le moment.
Je retraverse le pont de la veille pour me retrouver de l’autre côté et découvrir les canots qui se trouvent à l’opposé. Ceux-ci sont certainement réservés à la pêche.
Au fil de mon parcours, les boutiques ouvrent leurs portes les unes après les autres, notamment les boutiques de souvenirs et un musée.
Je constate une nouvelle fois que, comme partout dans le pays, le drapeau vietnamien flotte fièrement aux abords des maisons.
Je me perds littéralement dans les rues. Je découvre tour à tour une boutique de souvenirs, un musée d’objets anciens, le marché et… des Chinoises alignées contre un mur, en train de se prendre en photos. La scène m’amuse en les voyant face à un objectif sans personne derrière.
Dans une ruelle, un phénomène un peu particulier se produit : un homme âgé allume un feu dans une sorte de corbeille métallique et une épaisse fumée se propage dans les rues, ce qui fait apparaître les rayons du soleil entre les arbres. Je saisis l’occasion pour prendre une belle photo.
Je suis très satisfait de ma matinée, mais je tiens absolument à prendre quelques photos durant la soirée, avec des lanternes en images.
Bizarrement, je me sens plus à l’aise le soir venu et je parviens à prendre quelques clichés à la tombée du soleil. Je reste tout de même embêté par autant de présence autour de moi, mais je m’en sors pas trop mal.
Le lendemain, j’ai la bonne idée de louer un vélo et de me balader à la sortie de la ville. Je tombe sur mes premières rizières au Vietnam. J’ai la possibilité de m’y promener en empruntant des chemins bétonnés.
J’aperçois des Vietnamiennes planter et récolter du riz. Un homme, qui semble les surveiller, me fait signe de m’approcher. Il me propose, pour quelques dongs, de les prendre en photos. J’accepte naïvement pour finalement me rendre compte que les sourires un peu forcés ne méritaient pas 400 000 dongs.
J’ai le sentiment de m’être fait avoir, mais je passe vite à autre chose et me dirige vers la plage, un peu plus loin. Plage qui, à mes yeux, n’a aucun intérêt.