Kratie
Kratie et le Nord Cambodgien
Kratie est une petite ville pittoresque située sur les rives du Mékong, dans l’est du Cambodge. Connue pour son charme tranquille et son atmosphère authentique, Kratie est une destination prisée des voyageurs souhaitant découvrir un Cambodge rural, loin des grands circuits touristiques.
L’une des principales attractions de Kratie est la possibilité d’observer les dauphins de l’Irrawaddy, une espèce rare et menacée, dans les eaux du Mékong à Kampi, à une quinzaine de kilomètres en amont de la ville. Cette expérience unique attire les visiteurs qui souhaitent voir ces magnifiques créatures dans leur habitat naturel.
La ville elle-même est un mélange de bâtiments coloniaux français bien conservés, de marchés animés, et d’une atmosphère détendue. Les rives du Mékong offrent des couchers de soleil spectaculaires et sont parfaites pour se promener ou se détendre. La région de Kratie est également idéale pour le cyclisme, avec des routes paisibles longeant la rivière et traversant des villages traditionnels.
Une autre attraction populaire est l’île de Koh Trong, située juste en face de la ville. Accessible en ferry, cette île paisible offre un aperçu de la vie rurale cambodgienne avec ses maisons sur pilotis, ses rizières verdoyantes et ses vergers. Les visiteurs peuvent explorer l’île à vélo ou à pied pour une expérience immersive.
Sen Monorom et Banlung, deux villes situées dans les régions montagneuses et reculées de l’est du Cambodge, offrent aux voyageurs une expérience immersive au cœur de la nature et des cultures indigènes.
Sen Monorom, capitale de la province de Mondulkiri, est connue pour ses paysages époustouflants de collines verdoyantes, de cascades et de forêts luxuriantes. La région est habitée par les Bunong, une ethnie minoritaire qui conserve un mode de vie traditionnel. Les visiteurs peuvent explorer la culture locale à travers des visites de villages et participer à des activités écotouristiques comme la randonnée et l’observation d’éléphants dans des sanctuaires éthiques, où ces majestueux animaux sont protégés. Sen Monorom est également célèbre pour ses cascades, notamment Bou Sra, l’une des plus grandes et impressionnantes du pays.
Banlung, la capitale de la province de Ratanakiri, est quant à elle un paradis pour les amateurs de nature sauvage. Située dans une région couverte de forêts denses et de terres rouges, Banlung est réputée pour le lac volcanique Yeak Laom, un cratère rempli d’eau limpide, entouré de forêts tropicales. Les environs abritent des minorités ethniques comme les Kroeung, dont les traditions et les maisons communautaires uniques intriguent les visiteurs. La ville est également un point de départ pour des excursions vers des cascades cachées, des forêts protégées, et même pour des expéditions dans la jungle profonde.
Sen Monorom et Banlung sont des destinations idéales pour les voyageurs en quête d’aventures authentiques, de paysages spectaculaires et de rencontres avec des cultures préservées.
Kratie, Banlung, Sen Monorom
De superbes couchers de soleil sur le Mékong
Mon passage à Kratie était avant tout pour éviter un trop long trajet jusqu’à la frontière lao-cambodgienne. La possibilité de découvrir les dauphins d’eau douce devenait une option. Cependant, ce voyage est un peu éprouvant : il fait chaud, et je n’aime vraiment pas la chaleur. Je choisis finalement de faire l’impasse, d’autant plus que je n’ai pas la focale adéquate pour ce type de photos. Un grand angle ne me semble pas adapté, et surtout, les prises de vues en pleine journée me donnent des résultats que je n’aime pas.
Je décide donc de visiter l’île de Koh Trong, qui se trouve sur le Mékong. Autant le dire tout de suite, il n’y a pas grand-chose à voir, hormis louer un vélo pour faire le tour et attendre le trajet de retour. Je suis tombé par hasard sur des préparatifs de mariage, avec de la musique cambodgienne rythmée qui me fait délirer.
Mes photos n’étant pas mémorables, j’attends le retour à l’embarcadère après m’être restauré. Si l’île ne m’a pas charmé, les rivages du Mékong à la tombée de la nuit m’ont offert de belles couleurs. En prenant un escalier, je me retrouve facilement sur les bords du Mékong. De nombreux bateaux à l’abandon jonchent la rive.
En se rapprochant de l’horizon, le soleil laisse de belles couleurs dans son sillage : un ciel parsemé de nuages, allant du jaune ocre à l’ocre, avant que le bleu de la nuit n’apparaisse.
Il y a de la vie autour du fleuve, y compris le soir. De nombreux enfants viennent y jouer. Leur joie est communicative, et je suis presque tenté de rentrer dans l’eau, mais… je m’abstiens. Ils ont grandi dans ce milieu… pas moi. Nous n’avons pas la même résistance aux bactéries.
En définitive, Kratie m’a permis de me reposer, mais m’a aussi offert l’occasion de m’émerveiller le soir.
Sen Monorom, la galère
Ma visite à Sen Monorom a été en tout point décevante. Je choisis d’y rester six jours, sachant qu’il y a la possibilité d’aller voir des éléphants. Je trouve sur Booking des cabanes en guise de chambres et me laisse tenter par l’expérience.
En arrivant sur place, je suis déçu, le confort n’y est pas. Le bungalow est exposé au vent et ne cesse de bouger dans tous les sens. Mes nuits sont horribles. Je repartirai plus fatigué qu’en arrivant.
Mais il s’avère que cela ne sera pas ma seule déconvenue. Sur mon trajet pour le centre-ville, je passe devant des habitations où des cambodgiens semblant fêter, m’invitent à les rejoindre. J’hésite, mais je ne vois aucune raison de refuser de rencontrer des locaux. Je suis aussi là pour ça, quand c’est possible.
Cependant, ils sont tous gravement éméchés. Ils parlent un anglais approximatif à tel point que je ne comprends à peine la moitié de ce qu’ils me racontent et je ne suis pas sûr qu’ils me comprennent en retour.
Puis subitement, l’hôte me parle de sa femme. Et je finis par comprendre… qu’il est en train de me la proposer. Je n’apprécie vraiment pas la tournure de l’échange et je me propose de m’en aller. Ce qui lui parait irrespectueux et il se met en colère. Je ne comprends rien à ce qu’il me dit, mais je ne me sens pas en sécurité. L’un de ces amis le calme.De mon côté, je finis ma canette de bière qu’ils m’ont offerte et je prétexte une urgence en m’excusant de ne pas pouvoir rester. Et je m’en vais sans me retourner.
En ville, je fais le tour des agences qui proposent des excursions avec des éléphants, mais les prix sont exorbitants. Méfiant, je ne donne pas suite.
En retournant jusqu’à ma Guesthouse, je crains de recroiser le petit groupe, et surtout le mari complètement bourré. Mais c’est une autre surprise qui m’attend : Des chiens errants. Il est 18 heures et le soleil se couche.
Les chiens errants sont de sorti et un petit groupe me suivent et commencent à grogner. Si je pique un sprint, je vais me faire rattraper et mordre. Et je veux éviter de finir à l’hosto dans ce pays.
Par chance, un jeune cambodgien en scooter, comprenant ma situation s’arrête et me prend gentiment en stop.
Aussitôt à la Guesthouse, je réserve mon trajet pour Banlung qui va m’offrir une meilleure fin pour mon voyage au Cambodge.
Banlung et le vieux couple
Autant à mon étape précédente, les évènements pénibles se sont enchaînés, ici dès mon arrivée, je me suis senti très à l’aise. Et surtout dans mon auberge de jeunesse. Pas de vent cette fois et de vrais murs, pas de construction en bambous subissant la loi du vent. Par contre des murs relativement fins, en témoignent les cris de ma voisine durant ces ébats 🙂
Mais c’est la gentillesse des propriètaires qui m’a vraiment touché. Un vieux couple de cambodgiens dont le mari à étudier le français durant sa jeunesse, s’exprimant plus que correctement. D’autant plus qu’il a connu la guerre du Cambodge. Cet homme était marié une première fois et il a tout perdu : Femme et enfants. Ainsi que tous ces biens. Pharmacien de profession, il a été persécuté et chasser par les Khmers, qui selon ces dires faisaient la chasse aux intellos. À tel point que porter des lunettes étaient suspect à leurs yeux.
Son récit était réellement poignant. De toutes les histoires que j’ai pu entendre en rapport à ce conflit, et j’ajoute à cela le S21, je m’interroge encore : comment ces personnes ont pu survivre à cette tragédie et rester souriant. Cet homme était une vraie crème. Son épouse ô combien souriante et agréable. Et ce n’était pas un comportement de façade ou un quelconque masque social. Il y avait une forme de profondeur dans leur geste et dans leur attitude.
Notre histoire en tant que Guadeloupéen est lié à l’esclavage, et il n’y a aucun doute sur les traces que cela à laisser dans notre psyché. Mais aucun de nous n’a vécu cette tragédie directement. Il n’y a plus de survivants. Ce n’est pas le cas des cambodgiens.
Mon passage au Cambodge date de 2017 et malheureusement neuf ans plus tard, je ne me rappelle plus des prénoms de ce couple. Ils m’ont offert de précieux conseils pour mes prises de vues. Notamment pour le coucher de soleil sur la montagne. Et les balades à faire. Les loueurs de scooters, son voisin m’a réservé sa meilleure moto (scooter). Zéro pépin.
J’ai pu me rendre sans encombre jusqu’à la cascade et à la montagne en fin de journée.
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